"Au-delà de nos différences"
Mon histoire se déroule dans un petit village du Sud de la France.
Je m'appelle Marie, je viens de fêter mes 25 printemps.
Je mène une petite vie paisible en appartement, que je partage avec mon chat, « Mozart ».
Je travaille dans une petite pharmacie à proximité de chez moi.
Malgré les fins de mois difficiles, ma vie se déroule tranquillement. Souvent, je me dis qu'il y a beaucoup plus malheureux que moi sur terre.
J'ai perdu mes parents dans un accident de la route ; un chauffeur ivre leur a coupé la priorité. Ils sont restés tous deux dans le coma plusieurs jours pour finalement quitter ce monde à une journée d'intervalle.
Ma maman avait travaillé plus de 20 ans dans une famille très riche qui possédait un immense vignoble dans le village voisin. Elle était très estimée dans cette famille, au point d'être devenue une véritable amie de la propriétaire du domaine. Au fil des années, elles étaient devenues plus que des amies, je dirais même des sœurs. Malgré la différence sociale qui les séparait.
Les années passèrent, puis un jour, alors que je travaillais à la pharmacie, un très grand bruit nous fit sursauter. Les gens couraient dans tous les sens, la sirène des pompiers retentissait dans toute la rue, l'ambulance arriva à toute allure. Que se passait-il donc ? Je l'ignorais et je sortis sur le trottoir pour essayer de comprendre le pourquoi de ce brouhaha.
Quel malheur pour cette famille tellement appréciée dans les environs. Tout le monde était sous le choc, et nous restions sans nouvelles de Thomas. Puis, finalement, un employé du domaine raconta avec tristesse que Thomas avait perdu l'usage de ses jambes et qu'il fallait le transférer à l'étranger dans un établissement plus approprié à son handicap.
Les semaines passèrent les pauvres parents de Thomas faisaient sans cesse le va-et-vient du domaine à la clinique et pour ce faire, ils prenaient l'avion chaque jour ce qui les fatiguait énormément. Cette famille venait d'être frappé tout droit en plein cœur et malheureusement le drame ne s'arrêta pas là. Au bout de quelques semaines, le village était toujours sous le choc. Puis un soir, en rentrant chez moi allumant machinalement la télévision, j'entendis aux nouvelles qu'un avion venait de s'écraser, et il n'y avait aucun survivant. Les parents de Thomas étaient dans cet avion. Tout le monde était anéanti, choqué, on ne trouvait plus les mots pour en parler. Et à cet instant précis, je me suis posé la question "Mais qu'allait devenir Thomas ?
Trois jours plus tard, tout le village se préparait pour les obsèques de monsieur et madame Marschall.Ce triste jour arriva et nous nous sommes tous retrouvés à l'église, il n'y avait pas assez de place dans l'église car il y avait foule, des centaines de personnes arrivaient de tout côtés.
Quand soudain, je vis arriver Thomas en fauteuil roulant avec une infirmière qui le poussait doucement. Je le regardais tristement et cette fois, c'est moi qui cherchais son regard, ce n'était plus moi qui me sentais écrasée, mais c'était lui qui était complètement perdu. Pour cacher ses larmes, il s'empressa de mettre ses lunettes de soleil.
Les cercueils étaient ensemble tout près d'un de l'autre, le curé prononça un sermon à n'en plus finir, au bout d'une heure tout le village se mit en marche doucement derrière le corbillard, le village était désert, pas une voiture personne dans les rues mis à part cette foule interminable de gens qui accompagnait tristement le couple vers leur dernière demeure.
Arrivé au cimetière, tout le monde passa un à un devant les cercueils pour leur dire au revoir. Puis il fallut présenter les condoléances au reste de la famille Marshall qui était alignée côte à côte. En passant devant Thomas, je ne pus retenir mes larmes, car tout cela me faisait remonter les pénibles souvenirs de mes pauvres parents. La main de Thomas était toute tremblante, abasourdie méconnaissable, le Thomas qui regardait de haut les gens était devenu un petit garçon sans aucune défense complètement perdu.
Au bout d'un certain temps, je me retrouvais dans le bureau de maître Drouard, il demanda également à Thomas d'entrer ce qui nous étonna énormément. Puis il nous déclara que nous étions convoqués pour la lecture du testament de monsieur et madame Marshall. Aussitôt, Thomas se retourna vers moi et demanda en me montrant du doigt ce que moi, je faisais là. Maitre Drouard répondit que le testament me concernait également. Puis il ouvrit une enveloppe et en sortit une lettre, il posa ses lunettes sur le bout de son nez et commença la lecture. Mon Dieu à partir de ce moment précis ma vie allait complètement changer. Le notaire nous expliqua que le domaine ainsi que le vignoble devait être divisés en 2 à cet instant même Thomas prit la parole et dit à haute voix qu'il ne comprenait pas, car il était le seul fils unique et que la totalité des biens devait lui revenir.
Le notaire lui répondit ouvertement d'attendre la fin de la lecture du testament sans l'interrompre à nouveau, il reprit la lecture, en effet, madame Marshall avait changé dernièrement son testament, en demandant clairement la division de tous leurs biens en 2 parts égales entre leurs fils Thomas et moi-même. Je restais immobile en fronçant le regard pour essayer de comprendre ce qui m'arrivait.
Puis le notaire rajouta qu'il restait une clause importante à signaler. Pour pouvoir hériter des biens, je devais obligatoirement venir habiter le domaine et empêcher Thomas de dilapider la richesse de la famille, car il dépensait sans compter et ne connaissait pas la valeur de l'argent, car il était né avec une cuillère en argent dans la bouche comme on dit vulgairement ici.
Le jour commençait à tomber et je repris le chemin de chez moi. En rentrant, je serais fort Mozart en lui racontant que nos vies allaient changer. La semaine suivante, je donnais ma démission à la pharmacie, et je commençais à faire mes cartons pour emménager au domaine. Je n'avais pas grand-chose à emmener ce que j'avais de plus cher était Mozart.
Puis les semaines passèrent sans aucun changement. Je n'avais pas l'habitude de me faire servir, je m'ennuyais de grandes journées à rien faire, cela ne me ressemblait pas du tout, donc j'allais de temps en temps aider à la vigne et surtout, je m'intéressais des très près à tout ce qui touchait l'histoire des vins. De plus, je m'entendais très bien avec le personnel, ils me respectaient et me parlaient de plein de choses ce qui devait énerver Thomas au plus haut point, car personne ne s'adressait à lui. Il avait toujours été méchant et arrogant et jamais il ne s'était intéressé à la vigne, pourtant, c'est un endroit magnifique et super incessant moi, j'adorais.
Thomas se sépara de son infirmière, car elle aussi ne le supportait plus. Il n'était déjà pas facile à vivre avec l'usage de ses jambes, alors imaginez le avec ses capacités réduites, c'était l'enfer, il était de plus en plus méchant et ne supportait pas ma présence au domaine. Les ventes de vins reprirent de plus en plus belle à l'approche des fêtes de Noël. . Tout fonctionnait à merveille jusqu'au jour où nous décidâmes de faire une dégustation des vins en cave. Petit moment qui nous apporterait encore plus d'argent, car les connaisseurs goûtaient les vins et surtout, ils en achetaient par caisse entière. Les grilles du domaine s'ouvrirent et la petite fête se préparait, les invitations furent envoyées par centaine, tout se déroulait bien. Le grand jour arriva.
Les connaisseurs de vin arrivaient de toutes les régions, il y eut un monde fou. Tout se déroulait parfaitement jusqu'au moment où on me tapota sur l'épaule pour me présenter quelques personnalités et parmi elles, je remarquais un jeune homme qui me fixait sans cesse, cela me gênait au point d'en perdre mes moyens, car son regard ne me quittait pas. Finalement, le jeune homme vint enfin se présenter, c'était le fils d'un vigneron très renommé, il venait du Périgord à quelques kilomètres de Bergerac, implanté sur des coteaux qui dominent la vallée de la Dordogne, le village Monbazillac a donné son nom à un fameux vin liquoreux.
À l'hôpital, on lui fit un lavage d'estomac et des tas d'examens de toute sorte pour trouver d'où venait ce mal. Je restais près de son lit pour attendre son réveil. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il fut très étonné de me trouver à ses côtés, et il s'excusa de son comportement. Il devait rester sous surveillance quelques jours et comme je ne voulais pas le laisser seul, j'ai demandé à rester également à l'hôpital et j'en ai profité pour me faire faire des examens de santé que j'avais négligés jusqu'ici. Aussitôt, on s'occupa de moi examen sur examen et quelques jours plus tard juste avant de quitter l'hôpital le docteur nous rendit tous nos papiers avec les résultats des examens.

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